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Seul le hasard permet encore à quelques égarés de venir se recueillir dans ce mémorial initialement dédié aux valeureux soldats tombés au Champ-d’Honneur. 

 Familles, visiteurs, simples curieux. Venez à la rencontre de ces tombes aux pierres noircies dont la lente mais inexorable érosion fait son œuvre. Certaines sont brisées en deux, d'autres sont enfoncées dans la terre par le martèlement des saisons et pourtant, quelques unes, disséminées par ci ou par là, semblent intactes. Sur les stèles aux inscriptions effacées et aux photographies usées par le temps, des Christ démembrés, couchés sur le dos, paraissent questionner le ciel... Depuis des décennies, les oubliés n'ont plus de prières et le bleuet fleuri a disparu. Ils s'appelaient Henri, Gaston, Armand, Eugène, Émile, Raymond, André, Ernest, Hippolyte, Théophile... Leurs mères où leurs épouses s'appelaient Yvonne, Léontine, Marthe, Marguerite, Augustine, Juliette, Louise, Émilienne... Beaucoup avaient les mains et la nuque plissées du laboureur, les doigts usés de l'ouvrier ou du tisserand, les ongles cassés du menuisier ou du mécanicien, la serviabilité du domestique ou l'élégance du garçon de bureau... Ces hommes, âgés de 19 à 52 ans, moustachus en pantalon garance et cache-képi ou en tenue bleu horizon et casque Adrian, étaient fantassins, chasseurs, artilleurs, cavaliers, brancardiers, aérostiers, canonniers, zouaves... Gamins, sous-officiers aguerris et officier réserviste, ceux-là même qui mirent leur vie au service de la Patrie, reposent dans 90 sépultures individuelles où ne résident que des corps couchés sous terre que l’on ne pleure plus depuis longtemps. Telle une garde d'honneur, ils semblent pourtant veiller pacifiquement sur l'imposant mausolée qui leur est dédié.

Guillaume GUEROULT  (extrait)

20151001 c2i

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Le carré militaire a été entièrement réhabilité et inauguré le 11 novembre 2018 >>>   VOIR