9 corps non rapatriés

En octobre 1920 la municipalité a passé une convention avec le Ministère des Pensions qui déterminait les sommes dues pour l'entretien des sépultures militaires.

"... Ces états font ressortir, pour chaque cimetière dont l'entretien vous est confié sur votre demande, le nombre de tombes françaises alliées et ennemies, et la somme totale dûe à la commune au taux de cinq francs par tombe et par an...."

 

9  CORPS NON RECLAMÉS

 

F3 - ALLEAUME Henri : Décédé à l'hôpital auxiliaire n° 19, la famille, demeurant à Ouville-l'Abbaye, ne réclame pas sa dépouille en 1923 et demande à être exonérée des frais* de transfert de l'emplacement aux "victimes du Devoir" vers le carré militaire.

F4 - MASSONNIER André : Demande exonération

F5 - TROGOFF François : Sa mère règle les frais d'exhumation en 1923.

F6 - PERON Jean : Demande exonération

F7 - PARIS Eugène : Demande exonération

F8 - GUEGAN Jean-Marie : Pas d'informations

F9 - BOYARD Ernest : Demande exonération

F10 - CARLIER Jules : Décédé en 1918 chez ses parents réfugiés à Bolbec, la famille retournée dans le Pas-de-Calais au début des années 20 ne fera pas rapatrier le corps de leur fils - Demande exonération

F11 - DEHAIS François :  Pas de famille - Exhumé et transféré avec prise en charge des frais par la commune.

note : 5 autres familles ont demandé l'exonération des frais d'exhumation mais l'entretien restait à leur charge : LEMARCHAND Alfred, DUMOUCHEL Théagène, LAMBERT Alfred, BÉNARD Henri et LE BARON Pascal.

* Allocation au fossoyeur : 387 fr. - Boite à ossements : 135 fr. - Allocation au commissaire de Police : 100 fr. (dans une lettre de la Préfecture, l'allocation  attribuée au commissaire de Police est illégale).  

19240712 amenagement par la ville 9 tombes12 juillet 1924   Decouvrir   Télécharger

Note : La famille du Général BLONDEL a refusé la proposition de Monsieur Mouette.

 

19240712 p111091019240712 p1110911

 

Les 9 tombes dont l'entretien est à la charge de la mairie

 

Les plaques signalétiques ont quand même été posées en 2012.

 

"CETTE CONCESSION RÉPUTÉE

EN ÉTAT D'ABANDON FAIT L'OBJET

D'UNE PROCÉDURE DE REPRISE.

____

PRIÈRE DE S'ADRESSER

À LA MAIRIE."

 

         

         

 

P1110808

19 décembre 1949

Les autres sépultures

15 septembre 1928.

 

Monsieur le Sous-Préfet,

            Lorsque M.M. DESHAYES et REGNIER, comme Adjoints, et moi-même comme Maire, nous nous vîmes confier l’Administration de la Ville de Bolbec, nous avons trouvé le cimetière en un état lamentable – chemins inexistants ou mal entretenus, ronces et même arbustes partout. Nous avons fait enlever près de cinq cents tombereaux de détritus de toutes sortes.

            Partisans convaincus du respect et du culte des morts, notre attention fut attirée sur ce que des tombes du cimetière militaire 1914-1918 n’étaient point recouvertes de pierres tombales.

            Nous avions résolu, dès que l’état de nos finances nous le permettrait :

            1° de faire procéder à la pose de pierres gravées au nom du soldat mort, sur les tombes qui en étaient démunies

            2° de ramener dans ce cimetière militaire où dorment les restes des héros de 1914-18, tous ceux qui reposaient dans le cimetière communal, morts pour la France à une date antérieure, et ce pour rendre un honneur égal à tous les enfants de Bolbec et à ceux des enfants de France, quel que soit leur département d’origine, que le glorieux trépas au combat y avait conduits à leur dernière demeure.

            De ce nombre, notamment,  étaient le Général RUFFIN, volontaire de 1792, mort à l’ennemi, et les vaillants soldats de 1870-1871 tués à Bolbec ou dans les environs.

            L’état des finances de notre petite cité nous oblige de procéder par étapes.

            Lorsque le cimetière communal reprit sa décence et que le cimetière militaire retrouva la dignité convenable et nécessaire, nous demandâmes aux représentants des anciens soldats et combattants de 1914-18 ce qu’ils pensaient de notre idée :  ils l’approuvèrent de tout cœur.

             Les quelques survivants de la guerre 1870-71 voulurent bien même nous féliciter officiellement, au nom de leur association.

            Etre tombé pour la France il y a un siècle, un demi-siècle ou actuellement, semblait, pour la Municipalité de Bolbec, présenter le même suprême sacrifice et digne des mêmes attentions et respects des générations présentes et à venir.

            L’an dernier, nous avons fait faire le transfert des restes du Général Ruffin, et cette année celui des restes de 1870-71.

            Les pierres qui recouvraient les tombes de ces derniers étaient, pour la plupart, en mauvais état ; l’entourage n’existait, pour ainsi dire, plus, et cela s’explique si l’on songe aux années écoulées, à ce que le terrain était en pente, au bord d’un chemin avec un mauvais écoulement des eaux.

            Ces tombes ont été transférées dans le cimetière militaire immédiatement à droite en entrant. Nous avons fait réparer toutes les pierres, refait les scellements et un entourage convenable, et j’ajoute que, d’ici peu, les noms gravés dans ces pierres, actuellement peu apparents, seront regrattés et peints.

            Le 1er novembre 1927, au cimetière militaire, lors de l’hommage rendu, Municipalité en tête, par toutes les Sociétés patriotiques, corps constitués, fonctionnaires, élèves des écoles conduits par leur maîtres et maîtresses, et une foule de Bolbécais, je pris la parole et annonçai, devant les tombes, que j’espérais pour 1928, voir réunis les restes des morts 1870-71 à ceux des morts de 1914-18 et à ceux du Général Ruffin que nous venions de transférer.

            Cette année-là, Monsieur Guillemard, fondateur et secrétaire de l’Association des Anciens Combattants de 1870-71, qui, à cause de ses 80 ans, ne pouvait plus assister aux réunions patriotiques, y vint, conduit en automobile par mes propres soins. Il voulut bien me dire que ses camarades approuvaient, non sans émotion, mon projet, parce que, nous disparus – me dit-il, - et nous ne sommes plus que sept, ce sera probablement l’oubli comme cela l’avait été pour le Général Ruffin.

            Ne connaissant plus d’ascendants ni de descendants des morts de 1870-71 et mes adjoints étant de même, bien que j’habite Bolbec depuis près de 75 ans, nous avons pensé que le fondateur et secrétaire de l’association de 1870-71 pourrait nous renseigner. Consulté à ce sujet, Monsieur Guillemard me répondit qu’ayant, lui aussi, toujours habité Bolbec, il n’en connaissait plus, et qu’il se renseignerait pour savoir si nos mémoires ne nous faisaient point défaut. Il me fit savoir plus tard que ses recherches avaient été négatives et qu’il n’avait pu avoir connaissance d’aucune adresse de parents directs ou collatéraux.

            Le 10 novembre 1927, en séance publique du Conseil Municipal, j’ai exprimé le désir, au nom de l’Administration Municipale, que les soldats de 1870-71, inhumés dans le cimetière, soient exhumés et réunis avec les combattants de 1914-18.

            Ce serait, -ai-je ajouté -, rendre un hommage égal à tous les enfants de Bolbec morts pour la France.

            Le Conseil adopta, à l’unanimité, ma proposition. Or, dans le Conseil, nous possédons comme membres, un nombre imposant d’anciens combattants 1914-18.

            La presse locale et la grande presse départementale a l’habitude de publier le compte-rendu intégral de nos délibérations et il est probable, sans que je puisse l’affirmer, que ces journaux ont dû reproduire cette délibération.

            Le 3 Août 1928, ayant sollicité et obtenu une subvention de l’état, nous avons donc fait procéder à l’exhumation et réinhumation des anciens combattants de 1870-71.

            Y assistaient :

1° - Monsieur le Commissaire de Police de Bolbec,

2° - Le Maire de Bolbec, Chevalier de la Légion d’Honneur,

3° - Monsieur Deshayes, Adjoint, Officier d’Académie, Secrétaire de l’Orphelinat de Guerre et des Pupilles de la Nation.

4° - Monsieur Régnier, Adjoint, Ancien Combattant, Croix de Guerre.

            Chaque année, depuis environ 50 ans, à la Toussaint, personnellement, j’ai toujours été m’incliner et me recueillir devant les tombes des morts 1870-71. Ayant moi-même perdu l’un des miens, engagé volontaire en 1914 et tué en 1917 au Moulin de Laffaux, je ressens et comprends l’état d’âme des parents et amis de ceux qui sont dans ce cas, et je puis vous affirmer que les personnalités qui m’accompagnaient le 3 août 1928, choisis pour leur haute honorabilité et leur caractère patriotique, ont rendu aux Morts de 1870-71 l’hommage et le respect que l’on doit à ceux qui sont tombés pour la patrie.

            D’ailleurs, depuis que nous sommes à la tête de l’Administration, au 1er Novembre, chaque année, nous avons toujours fleuri les tombes de tous sans distinction, et de grade ou d’année de leur mort.

            Vous pouvez donc, Monsieur le Sous-Préfet, vous convaincre que :

1° - Les opérations de transfert du Général Ruffin et des Morts de 1870-71 n’ont eu d’autre but que de raviver le souvenir et de rendre à tous un hommage égal.

2° - En réparant leurs tombes qui se disloquaient, nous avons voulu que ces héros aient une sépulture digne de leur fin.

3° - Nous avons agi en communauté de sentiments avec les combattants de 1914-18 et aussi avec les rares survivants de 1870-71 qui, à défaut de parents connus et de nous et d’eux, étaient pour l’Administration les « frères » de ceux tombés et inhumés ici.

4° - Il est évident que, si nous avions connu des membres des familles, soit du Général Ruffin, soit des héros de 1870-71, nous nous aurions fait un devoir de les prévenir et un grand honneur de les recevoir à la Mairie de Bolbec.

            Vous voudrez bien, nous vous en prions, affirmer aux membres de la famille Diard, combien, lors de leur voyage à Bolbec, nous aurions été honorés de leur venue à l’hôtel de Ville. Nous aurions pu leur exprimer de vive voix nos regrets de n’avoir pas connu leur parenté avec le soldat Lécuyer, mort pour la France en 1870, et par conséquence, de n’avoir pu leur faire connaître un projet qui, approuvé de tous, n’avait d’autres motifs que de perpétuer le souvenir de héros dans un endroit digne d’eux, et de faire que le culte des ancêtres soit une réalité et un exemple.

            Ci-joint une expédition du procès-verbal d’exhumation et de réinhumation dressé le 3 Août 1928 par le Commissaire de Police de Bolbec.

            Veuillez croire, Monsieur le Sous-Préfet, à mes remerciements sincères et à mes plus dévoués sentiments.

 

Le MAIRE de BOLBEC

Victor DESCHAMPS

Chevalier de la Légion d’Honneur

Octobre 2014 6 1P1070388

Exhumé et inhumé le 6 octobre 1927

P1110154

Exhumés et inhumés le 3 août 1928

Decouvrir   Francs-tireurs Bolbécais 1870-71

Source :

Archives communales de Bolbec, archives militaires 4H

 

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