GUERIN Gustave

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Gustave Raymond GUERIN, célibataire, tisserand, né le 15 avril 1895 à Bolbec,

fils de Adolphe Michel et de CHEVALIER Maria Joséphine.

De la classe 1915 matricule 13086. Soldat de 2ème classe incorporé à compter du 18 décembre 1914 au 46è régiment d’infanterie.

Passé à la 10è compagnie du 162e régiment d'infanterie le 10 juillet 1915,

“mort des suites de blessures de guerre” le 8 octobre 1915 dans l’ambulance 11/11 à Bouy (Marne), à l’âge de 20 ans.

 

 MORT POUR LA FRANCE 

      MM+CG+1étoile

 

Extrait du JMO

"... Le 12 juillet, plus heureux, il réussit à, occuper notre première ligne dont la plupart des défenseurs ont été mis hors de combat (600 hommes et 24 officiers).

Le 13 juillet, nouvelle attaque plus furieuse encore que les précédentes, accompagnée de jets de liquide enflammés, facilitée par l'explosion simultanée de cinq grosses mines, elle est repoussée. Le régiment a rempli son rôle avec une telle unanimité de coeur et une telle abnégation que lorsque, près de deux ans plus tard, on cherchera dans les annales du 162e R. I. le nom qui pourra le mieux l'illustrer entre tous les régiments, on en trouvera pas de plus beau que celui d' « Argonne ».

Après l'Argonne, la Champagne, — 25 septembre 1915 — l'attaque sur Rethel. L'enthousiasme est à son comble ; les premières vagues d'assaut parviennent avec peine sur les positions allemandes où veille un ennemi averti. 22 officiers, plus do 600 hommes tombent.

Le 6 octobre : toujours de la partie, le 162 attaque le bois 372. Il est fauché par les mitrailleuses et ne peut progresser... "

 

Gustave est blessé, plaie pénétrante partie supérieure de la fesse gauche.

 

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Le 23 novembre 1915, Madame veuve Guérin sa mère, domiciliée 66 rue Ruffin, reçoit un secours immédiat d’un montant de 150 f.

Le 13 décembre 1915 , un colis provenant du dépôt du 162è régiment d’infanterie à Aubusson, contenant : une chemise, une flanelle, un rasoir, une serviette et une paire de chaussette.

Le 11 janvier 1916, elle est priée de se présenter au secrétariat de l’hôtel de ville pour y retirer une lettre du Dr de la C.D.C. l’autorisant à toucher la somme de 3,95 f à la recette des finances au Havre.

2 francs 1915 semeuse argent

semeuse argent

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Transcription du décès à Bolbec le 24 mai 1916

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REPUBLIQUE FRANCAISE

MAIRIE DE BOLBEC

 

Déclaration

 

            L’an mil neuf cent vingt et un, le trente mars, dans la salle de notre Mairie, par devant nous, soussigné, André Zann,  Adjoint au Maire de la Ville de Bolbec, arrondissement du Hâvre, département de la Seine Inférieure, a comparu :

            Madame Veuve Guérin, résident en notre ville, mère du soldat Guérin Gustave Raymond, de la 10è compagnie du 162è régiment d’infanterie, Mort pour la France, enseveli au cimetière de Bouy (Marne) laquelle nous a déclaré donner pouvoir à Madame Cécile Chauvet domiciliée à Bouy à assister en son nom et à sa place à l’exhumation du corps de son fils sus-nommé qui doit être transporté aux frais de l’état à Bolbec.

            La présente déclaration est faite en présence de 2 témoins.

 

Exhumé à Bouy le 18 mars 1922

Inhumé à l'emplacement actuel le 10 avril 1922

 

RETOUR DE CORPS

 

            Une assistance nombreuse s’est réunie lundi après-midi à l’église St-Michel, où était déposé le corps du sergent Louis Mansois, du 109è d’infanterie, ancien chef de bureau à la mairie de notre ville, mort au champ d’honneur le30 septembre 1918. Comme d’usage, les autorités, les sociétés patriotiques avec leurs drapeaux et les enfants des écoles prenaient part au cortège. L’administration municipale avait offert une fort belle couronne en souvenir de cet employé dévoué.

            A l’issue du service religieux, M. le Curé-Doyen a pris la parole en termes élevés.

            Le cortège revint ensuite, rue Ruffin*, pour prendre le corps du soldat Guérin Gustave, du 162è d’infanterie, mort pour la patrie le 8 octobre 1915 à Bouy (Marne).

            Devant les deux cercueils, des discours ont été prononcés par MM. Robert Mouette, maire et Bois, président de l’Association des Mutilés et Anciens Combattants. 

* Obsèques civiles (source : AC Bolbec, lettre du 7 avril)

 

Discours de M. le Maire

 

Mesdames, Messieurs,

 

            C’est le cœur rempli d’une douloureuse émotion et d’une profonde pitié que je viens, au nom de la Municipalité et au nom de la population, apporter aux deux vaillants enfants de Bolbec, dont les restes glorieux reposent dans ces cercueils, l’hommage de notre reconnaissance, égale pour tous, dont nous entourons leur immolation au salut commun.

            Des sceptiques au cœur léger et à la mémoire courte vous diront peut-être que les témoignages par lesquels nous nous efforçons d’exprimer la ferveur de notre gratitude sont vains et qu’ils ne sauraient rien changer à la triste réalité.

            Laissons-les à leur illusion et à la sécheresse de leurs sentiments. Le cœur a son langage que ne sauraient juger l’égoïsme ou la froide raison, et toute manifestation est sacrée, qui fait vibrer en nous la noblesse des sentiments et la pureté des émotions.

            En ces jours de deuil où, suivant une touchante tradition, nous portons à nos morts l’hommage silencieux de notre inaltérable affection et où par tout le pays des manifestations célèbrent l’éternelle reconnaissance de la Patrie à ceux qui l’ont sauvée, ajoutons, nous aussi, notre humble chaînon à la longue chaîne des pieuses commémorations.

            Le cœur de la France a battu hier à l’unisson ; pour un instant ont cessé les bruits de discorde et les âpres débats de la lutte des partis.

             Mesdames, Messieurs, elles ont leur importance ces minutes de paix, d’union et de recueillement, et s’il est un lieu où l’on puisse mieux qu’ailleurs en sentir le prix et en aimer l’influence, n’est-ce pas dans ce champs de l’éternel repos et en présence de cercueils devant lesquels nos cœurs français unissent et fondent, pour ainsi dire, en un seul, tant de sentiments dont l’expression seule est diverse ?

            Dans le culte des êtres chers que nous avons perdus, entourons d’une même affection les deux braves qui nous reviennent aujourd’hui :

            Mansois Louis, sergent au 109è Régiment d’Infanterie, Mort pour la France le 30 septembre 1918, décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire.

            Guérin Gustave, soldat au 162è Régiment d’Infanterie, Mort pour la France 8 octobre 1915, décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire.

            Ils sont doublement nôtres, car ce sont deux enfants de Bolbec et leur sacrifice nous a sauvés. Tous nous les avons connus et tous nous les aimons.

            Caractères droits, cœur nobles, aux élans généreux, employé communal modèle ou ouvrier consciencieux, d’une obligeance toujours prête à rendre service, Mansois Louis et Guérin Gustave, incarnaient vraiment notre race normande dans ses plus belles qualités ; ils étaient surtout le soutien, la consolation et l’espoir d’une mère, d’une épouse tendrement aimée et à l’affection desquelles la guerre les a brutalement arrachés.

            Nous qui demeurons les témoins vivants de leurs vertus, saluons les bien bas et inclinons nous respectueusement devant leurs familles qu’ils quittèrent pour accomplir un devoir sacré et qu’ils ne devaient plus revoir vivants.

            Parents éplorés , mères inconsolables, qui par votre sang et vos larmes avez donné deux fois la vie à vos chers enfants, tout Bolbec est avec vous d’âme et de pensée pour vous consoler et vous témoigner sa douloureuse et affectueuse sympathie.

            Et vous, vaillants soldats qui, en pleine jeunesse avez fait le suprême et sanglant sacrifice pour nous sauver du joug barbare, soyez assurés que nous n’oublierons pas et que vos noms resteront éternellement gravés dans nos cœurs reconnaissants.

 

***

 

 

Discours de M. Bois, Président des Mutilés et Anciens Combattants

 

Mesdames, Messieurs,

 

            Au nom de l’Association des Mutilés et Anciens Combattants du canton, je viens adresser à nos camarades Louis Mansois et Gustave Guérin, le suprême témoignage de notre reconnaissance et l’affirmation que nous ne saurions oublier leur héroïque conduite.

             Ils ont tous deux donné leur vie pour que la France sorte victorieuse de cette lutte de géants et c’est pourquoi nous avons pour eux, nous leurs frères d’armes, une si grande reconnaissance.

            Nous vous honorons, camarades qui êtes glorieusement tombés à la garde du drapeau. Nous rappellerons sans cesse ce que vous avez fait, en présence de la plus formidable ruée de la barbarie, et nous saurons rappeler aux jeunes, l’époque du drame surhumain que vous avez vécu, et leur dire les raisons des honneurs que nous vous décernons.

            Vous qui n’avez pas failli à votre tâche ; vous qui n’avez pas désespéré de la victoire, malgré l’alternance des succès et des revers du début, vous êtes vengés comme vous méritez de l’être. L’œuvre du salut national est accompli, l’Allemagne est terrassée et la flétrissure de tous ses crimes est burinée dans nos âmes.

            Lorsque le boche déchaîna le monstrueux forfait, après une longue et hypocrite préméditation, sans même qu’un remords, ni seulement une pudeur aient fait hésiter les millions de mains complices, un forfait qui nous laisse, en plus des immenses deuils, une impression de tristesse et de découragement infini, parce qu’il atteste, dans un des plus vastes pays de l’Europe, la banqueroute de ce que l’on est convenu d’appeler honneur, civilisation et progrès, les ruées barbares des vieux temps étaient mille fois moins meurtrières, et surtout moins écœurantes ! Les hordes que jadis nous envoyait la Germanie hésitaient devant certaines lâchetés, certaines profanations, certains mensonges, un respect instinctif les retenait encore, et elles ne détruisaient pas avec cet impudent cynisme en invoquant le Dieu des Chrétiens dans leurs prières.

            Ainsi il s’est trouvé à notre époque un macabre empereur et une séquelle de prince, dont le plus féroce en même temps que le plus poltron, se coiffait d’une tête de mort, des généraux et des millions d’Allemands , pour s’unir, après une préparation réfléchie de presque un demi-siècle, à la plus lâche et la plus folle des agressions.

            Honneur à vous, chers camarades qui avez trouvé dans vos cœurs indomptables, le moyen d’écrire dans notre histoire, une page d’une noblesse si chèrement achetée.

            Ce que vous avez fait, ce n’était pas pour conquérir, pour dominer, ni pour asservir. Non ! Vous avez combattu pour que la France ait le droit d’être toute selon son génie.

            Chers camarades, vous avez offert votre vie à la France, à sa liberté ; par cela même, nous avons contracté envers vous une dette immense, nous l’acquitterons en conservant pieusement votre souvenir et en nous inspirant, des mâles leçons que nous avons reçues de vous.

            Nous vous considérons, chers camarades, qui êtes tombés avant d’avoir vu l’aurore de la Victoire, comme des Membres d’Honneur de notre association. Nous voulons qu’en toutes circonstances, votre mémoire plane au-dessus de nos assemblées.

            Souvent nous viendrons vous apporter le témoignage de notre admiration et l’assurance que vos frères d’armes ne vous oublient pas.

            J’adresse, à vos chères familles éprouvées, l’expression de nos hommages émue et de notre pieuse reconnaissance.

Camarades Mansois et Guérin, au nom des Anciens Combattants du canton, je vous adresse un dernier adieu.

 

19220412 inhumation mansois louis et guerin

Journal de Rouen 12 avril 1922

 

G1 Guérin

allée G - tombe n°1

 

A LA MÉMOIRE DE

GUSTAVE RAYMOND

GUÉRIN

SOLDAT TRES CRANE AU ... (?R I) 

BLESSÉ A ST HILAIRE LE GRAND

MORT POUR LA FRANCE

DES SUITES DE SES BLESSURES

LE 8 AOUT* 1915

A L'AGE DE 20 ANS

MÉDAILLE MILITAIRE

CROIX DE GUERRE

AVEC ÉTOILE DE BRONZE

Sigle 1

REGRETTÉ DE SA MÈRE

DE SES SOEURS

DE TOUTE SA FAMILLE ET AMIS

 

8 octobre (rectifié sur la fiche MPLF)

 

 

G1 Guérin 2

Sources :

Ministère de la Défense - Mémoire des Hommes

Archives départementales de Seine-Maritime (Etat-Civil, registre matricule, Journal de Rouen)

 Archives départementales de Seine-Maritime (sous-série 10 RP 112 à 141)

Archives communales de la ville de Bolbec (archives militaires 4H)

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